IPDT

Institut de Psychodynamique
du Travail 

Psychanalyse, santé, travail

Stéphane Le Lay obtient son HDR

Le vendredi 6 novembre 2020, Stéphane Le Lay, sociologue du travail et chercheur à l'IPDT, a soutenu son Habilitation à Diriger des Recherches intitulée "Destins du jouer et du travail à l'ère du management distractif". 

Toute l'équipe souhaite le féliciter pour l'obtention de ce titre universitaire !

En attendant la parution d'un ouvrage, vous pouvez trouver le manuscrit en cliquant sur ce lien

Résumé : 

Dans cette habilitation, je mène une réflexion théorique, à partir de différents terrains empiriques, sur les rapports étroits entretenus entre le jouer et le travail (travailler et travail vivant). Cette réflexion vise à comprendre un paradoxe apparent : alors que l’usage de ressorts ludiques se développe dans tous les aspects de la vie sociale, les sciences du travail y ont prêté une attention finalement peu poussée.

 

Si des éléments historiques – d’ordres politiques et religieux – permettent d’expliquer pour partie ce manque d’intérêt, des éléments scientifiques doivent également être pris en compte. En particulier, les chercheurs ont pendant longtemps considéré que les jeux relevaient avant tout d’activités de délassement, souvent enfantines – objets d’étude mineurs en sociologie –, rendant impossible une analyse du jouer comme modalité de l’action centrale pour la structuration subjective, au moins aussi puissante que la sexualité ou le travail, à l’image de ce que postule la psychodynamique du travail. Or, lorsque l’on dispose d’une théorie du jouer – et de ses rapports avec une théorie du travail et une théorie sociale –, il devient possible de comprendre comment les travailleurs parviennent à (ne pas) réaliser leurs activités quotidiennes, y compris en présence d’obstacles et de difficultés. Mais il est également possible d’analyser la manière dont des dispositifs managériaux d’inspiration néolibérale (ce que je nomme le management distractif) sont utilisés pour orienter l’attention et les efforts des salariés vers les objectifs organisationnels – y compris lorsque ceux-ci sont éthiquement discutables –, grâce à l’instrumentalisation de quelques ressorts ludiques n’ayant qu’un lointain « air de famille » avec le jouer.